L’affaire concerne Jordi Picazo, journaliste d’investigation et unique membre espagnol de l’équipe Jacques Pintor, confronté à des plaintes pénales, à des demandes indemnitaires d’une extrême gravité et à des restrictions personnelles en raison de son activité informative, dans un contexte où les faits investigués ont eu des répercussions politiques, institutionnelles et ecclésiales.
Comment suivre cette série
Cette enquête est publiée sous la forme d’une série ouverte, chaque épisode ajoutant une couche d’analyse sur l’utilisation du droit comme instrument de pression contre le journalisme d’investigation. Les volets publiés à ce jour sont les suivants :
1. Liberté de la presse sous pression judiciaire : huit questions publiques sur le rôle de Javier Cremades et du cabinet Pajares
Première interpellation adressée à l’opinion publique. Huit questions documentées qui n’accusent pas, mais obligent à se positionner sur la cohérence, la proportionnalité et l’impact réel des actions judiciaires engagées contre un journaliste.
(Ce volet.)
2. Javier Cremades, coopérateur nécessaire d’un dispositif criminel contre le journalisme d’investigation
Contraste entre le discours institutionnel sur l’État de droit et la pratique juridique déployée contre celui qui enquête sur des abus et des faits de corruption. Il y est établi l’écart entre les paroles et les actes.
👉 https://corruptspanish.church/cremades-calvo-sotelo-cooperateur-necessaire-dans-un-dispositif-criminel-attaque-contre-la-liberte-de-la-presse-2/
3. Javier Cremades et la mécanique de la persécution judiciaire contre le journalisme d’investigation
Analyse détaillée du « comment » : plaintes pénales, pression économique, mesures personnelles et usure calculée. Non pas une théorie, mais une mécanique identifiable aux effets dissuasifs bien réels.
👉 https://corruptspanish.church/javier-cremades-et-la-mecanique-de-la-persecution-judiciaire-contre-le-journalisme-dinvestigation/
De nouveaux volets seront ajoutés à cet index à mesure de l’avancement de l’enquête.
1. Cohérence publique
Si un cabinet dirige des audits portant sur les abus, la transparence et la régénération institutionnelle au sein de l’Église catholique, sur mandat direct de la Conférence épiscopale espagnole, comment la société doit-elle apprécier le fait que l’un de ses cabinets intégrés engage des actions pénales et économiques contre un journaliste qui enquête précisément sur ces abus et dysfonctionnements institutionnels ?
2. Connaissance, proximité et responsabilité
Peut-on raisonnablement soutenir, au regard des exigences de diligence professionnelle, que Javier Cremades ignorait que le cabinet Pajares, dirigé par son propriétaire José Pajares à Saragosse et intégré comme représentant de Cremades & Calvo-Sotelo en Aragon, agissait contre un journaliste d’investigation, alors qu’il a rencontré ce journaliste à au moins trois reprises — une promenade et deux entretiens dans son cabinet professionnel —, qu’il a reçu de sa main, à sa demande, les ouvrages issus de l’enquête et qu’il connaissait directement le contenu de l’affaire ?
Et, à supposer qu’il ne le savait pas, que révèle cela des mécanismes internes de contrôle, d’information et de responsabilité au sein d’un cabinet qui se présente comme garant de la primauté du droit ?
3. Aide proposée, retirée et condition imposée
Lorsque le responsable d’un cabinet d’avocats de réputation internationale propose son aide à un journaliste en déclarant « si vous avez besoin d’aide, dites-le-moi » (Javier Cremades à Jordi Picazo, face à la plainte dirigée contre Picazo par l’associé de Cremades à Saragosse), puis affirme ultérieurement « je ne peux pas vous aider », en subordonnant toute issue au fait que le journaliste cesse d’écrire sur l’affaire dénonçant un défaut de conformité de l’Église catholique,
sommes-nous face à la gestion légitime d’un conflit complexe ou, du moins du point de vue d’un observateur raisonnable, à un indice de pression difficilement conciliable avec la défense publique des libertés fondamentales que ce même cabinet proclame ?
4. Proportionnalité, coercition et effet réel
Lorsqu’il est exigé d’un journaliste des consignations, saisies, amendes et indemnités cumulant plusieurs centaines de milliers d’euros, et que son passeport lui est retiré ou que son renouvellement lui est empêché, peut-on considérer cela comme proportionné dans une perspective démocratique ?
Ou est-il légitime de s’interroger sur l’existence d’un mécanisme de coercition personnelle et économique ayant un effet dissuasif sur la liberté d’informer ?
5. Ministère public et persistance punitive
Si le ministère public affirme ne constater aucune infraction et reconnaît une finalité informative dans l’activité professionnelle de Jordi Picazo en tant que journaliste inscrit à l’international, quelle lecture le citoyen doit-il faire lorsque, malgré cela, des demandes d’emprisonnement et de ruine économique sont maintenues contre l’informateur ?
Protection des droits… ou sanction exemplaire ?
6. Contexte aggravé, financement et pertinence publique
Lorsque les faits investigués ne relèvent pas strictement de la sphère privée, mais ont débouché sur un scandale politique en raison de la nomination discrétionnaire — sur la base d’une relation personnelle — d’un prêtre à une haute fonction publique ;
lorsque ce prêtre aurait délaissé ses fonctions pastorales durant cette période, aurait été financièrement soutenu par son diocèse et aurait été ordonné malgré des objections internes au sein de l’Église ;
et lorsque ce même prêtre recourt à un cabinet de premier plan pour engager des actions pénales et économiques contre le journaliste qui enquête sur ces faits,
l’ensemble de ce contexte n’ajoute-t-il pas une pertinence publique objective qui renforce l’intérêt informatif et impose une prudence particulière face à toute action judiciaire susceptible d’avoir un effet inhibiteur sur l’enquête journalistique ?
7. Qui finance la défense ?
Compte tenu du fait qu’un prêtre perçoit un traitement limité et réglementé, est-il légitime que l’opinion publique, sans préjuger, s’interroge sur l’origine des ressources financières nécessaires pour soutenir une stratégie juridique coûteuse, dirigée par le même cabinet mandaté par la Conférence épiscopale espagnole pour auditer les abus sexuels commis par des clercs, alors que la procédure judiciaire contre un journaliste se prolonge depuis déjà quatre ans ?
Et peut-on exclure, avec une transparence totale, que des fonds ecclésiastiques — directement ou indirectement — aient été utilisés pour financer des actions judiciaires destinées à faire taire une enquête d’intérêt public manifeste, touchant à des décisions épiscopales controversées et à de possibles violations des normes canoniques régissant l’action des évêques ?
8. Question finale au lecteur
Au vu de l’ensemble des éléments exposés — l’audit confié par la Conférence épiscopale, la proximité personnelle entre l’avocat et le journaliste, les montants réclamés, les demandes d’emprisonnement, le retrait du passeport, l’absence de reproche pénal du ministère public et l’impact politique de l’affaire —, quel message reçoit aujourd’hui tout journaliste observant cette histoire de l’extérieur ?
Que l’information rigoureuse protège… ou qu’elle peut entraîner un coût personnel et professionnel difficilement supportable dans une démocratie ?
Yanelis Tovar. Editor
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